- Je n'accueille aucun client dans mes locaux : ai-je vraiment besoin d'une assurance ?
- Oui, et pour des raisons qui n'ont rien à voir avec l'accueil du public. Vous restez responsable des dommages causés à des tiers par les produits que vous fabriquez et livrez, ainsi que des dégâts que votre local peut causer aux voisins. Si vous êtes locataire, l'article 1733 du code civil vous fait répondre de l'incendie du local, et le bail impose en pratique une assurance des risques locatifs. L'absence de salle réduit certains risques, elle n'en supprime aucun de ceux-là.
- Si un client tombe malade après une commande livrée, qui est responsable, moi ou la plateforme ?
- En pratique, le producteur du plat est en première ligne : la plateforme se présente le plus souvent comme un intermédiaire de mise en relation et de transport. La répartition dépend toutefois des conditions générales signées avec elle et de la cause réelle du dommage, notamment si la rupture est survenue pendant le transport. C'est la garantie responsabilité civile du fait des produits livrés, distincte de la responsabilité civile exploitation, qui est mobilisée. Vérifiez qu'elle figure bien à votre contrat, et à quelle hauteur.
- Mes coursiers sont des indépendants ou des livreurs de plateforme : dois-je les assurer ?
- Non pour ceux qui ne sont pas liés à vous : chaque livreur indépendant relève de sa propre responsabilité civile professionnelle et de l'assurance obligatoire de son véhicule prévue à l'article L. 211-1 du code des assurances, déclarée pour un usage professionnel. La question change si vous employez vos propres livreurs ou si vous mettez un véhicule à disposition : vous entrez alors dans le champ de la responsabilité de l'employeur et de l'assurance automobile de l'entreprise. Les accidents du travail relèvent, eux, de la branche AT/MP de la Sécurité sociale, l'employeur restant exposé à une action en faute inexcusable, qui se garantit à part.
- Je partage la cuisine avec d'autres marques : un seul contrat peut-il couvrir tout le monde ?
- C'est rarement souhaitable. Chaque exploitant assure sa propre responsabilité et ses propres marchandises, faute de quoi un sinistre imputé à l'un se règle sur le contrat de l'autre. Le point à traiter en amont est la répartition contractuelle entre occupants : qui assure le bâtiment et le matériel commun, qui répond d'une fermeture administrative, comment se règle un recours entre voisins. Cela se rédige avant l'incident, jamais après.
- Si la plateforme suspend mon compte, la garantie perte d'exploitation joue-t-elle ?
- En principe non. La perte d'exploitation classique suppose un dommage matériel garanti à l'origine de l'arrêt : incendie, dégât des eaux, bris de machine. Une suspension de compte est un événement commercial, pas un sinistre matériel. Quelques contrats prévoient des extensions sans dommage ou des garanties carence, généralement plafonnées et soumises à conditions. C'est un point à examiner explicitement, au cas par cas, avant de considérer le risque comme couvert.